Twisty Python (Fixed) : sandbox Python, objets et chemins de traverse
Comprendre pourquoi retirer les builtins ne suffit pas à isoler du Python hostile.
Cette note est une lecture théorique du challenge Twisty Python (Fixed), présent dans la catégorie Web de Hackropole. Elle ne donne ni flag ni recette officielle : elle construit le modèle mental nécessaire pour comprendre la famille de vulnérabilités visée.
L’idée en une image
Python est un langage réflexif : même si la porte des fonctions dangereuses est fermée, les objets savent souvent raconter d’où ils viennent et quelles classes les entourent.
Dans un challenge web avancé, la vulnérabilité est rarement « une ligne ». Elle apparaît quand plusieurs composants n’ont pas la même définition d’une URL, d’un objet, d’une identité ou d’un contenu sûr.
Le modèle technique
Le graphe objet relie instances, classes, MRO, sous-classes, globals et modules. Une sandbox par blacklist doit couper tous les chemins vers une capacité sensible ; un seul chemin oublié suffit. Les correctifs successifs déplacent souvent le problème sans changer le modèle.
Le réflexe utile est de dessiner les frontières : navigateur, reverse proxy, serveur, worker, base de données, bot. Pour chaque frontière, noter ce qui est parsé, normalisé, validé et transmis.
Indices à chercher
- eval ou exec avec builtins réduits
- Filtrage lexical de caractères ou mots
- Objets préexistants injectés dans le contexte
Un indice ne devient une preuve qu’après une observation reproductible. Préférer une différence bénigne — code HTTP, longueur, timing, valeur affichée — à une charge complexe impossible à diagnostiquer.
Démarche d’analyse
- Inventorier les capacités accessibles, pas seulement les noms.
- Dessiner le graphe des objets fournis.
- Tester les transformations avant évaluation.
- Séparer contournement syntaxique et acquisition de capacité.
Travailler avec une matrice aide beaucoup : lignes pour les acteurs, colonnes pour les objets et cases pour les opérations. Les trous de sécurité deviennent visibles lorsque deux chemins censés être équivalents appliquent des règles différentes.
Là où le niveau hardcore commence
Les protections existent souvent, mais au mauvais endroit ou sur une représentation intermédiaire. Une validation de chaîne peut être annulée par le parseur suivant ; un contrôle sur la route racine peut être contourné par une relation ; une propriété nettoyée peut réapparaître via héritage.
La question centrale n’est donc pas « le filtre bloque-t-il mon payload ? », mais : quelle représentation le composant décisif utilise-t-il au moment de prendre sa décision ?
Fausses pistes classiques
- Mémoriser une chaîne unique de subclasses.
- Croire qu’une blacklist devient sûre en grandissant.
- Confondre conteneur OS et sandbox langage.
Construire une preuve minimale pour chaque hypothèse. Si trois mécanismes sont testés en même temps, un échec ne dit pas lequel est faux.
Ce que l’architecte sécurité doit en retenir
Exécuter le code non fiable dans une isolation système minimale, sans secret, réseau ni privilège utile.
Les meilleures défenses réduisent le nombre d’interprétations possibles : types stricts, politiques centralisées, sorties encodées selon leur contexte, identités propagées explicitement et accès réseau contraints.
Exercice conseillé
Reproduire le mécanisme sur une application locale minuscule avec deux utilisateurs, deux origines et un seul objet sensible. Ajouter ensuite proxy, bot ou cache. Cette progression révèle exactement à quel moment l’invariant de sécurité se casse.